
À l'heure où une commission se penche sur le droit de mourir dans la dignité, des médecins ont participé à une tribune à Saint-Bruno-de-Montarville, mercredi, pour parler des risques de libéraliser l'euthanasie ou le suicide assisté, des pratiques encore illégales au pays.
Si l'on en croit les sondages, une majorité des Québécois seraient favorables à ce qu'on les aide à abréger leurs souffrances en fin de vie, s'ils le désirent.
Les 10 médecins qui se sont exprimés devant des citoyens estiment pour leur part que le public est mal informé sur la question. Ils croient qu'un accompagnement et des soins palliatifs adéquats suffiraient à décourager certains patients de mourir avant leur heure.
Le Collège des médecins a déjà montré qu'il n'était pas entièrement fermé à l'euthanasie, mais le Dr Joseph Ayoub trouve la chose inacceptable et craint toute ouverture.
Ça fonctionne pour un bout de temps et puis c'est banalisé, c'est ouvert et c'est la pente glissante. Nous le voyons en Hollande.
Dr Joseph Ayoub
Si le Dr Ayoub est associé au mouvement catholique, d'autres médecins comme le Dr André Bourque ont une approche non religieuse, mais pensent aussi que celui qui nous soigne ne devrait pas être celui qui nous donne la mort.
Nous sommes contre l'acharnement thérapeutique. Mais nous avons peur qu'on mêle dans ce débat les questions d'arrêt de traitement et les questions d'euthanasie. Euthanasier, c'est tuer.
Dr André Bourque, cofondateur, Vivre dans la dignité
Pour lui, l'euthanasie déprécie la solidarité humaine et les soins palliatifs dans une certaine mesure parce qu'elle engendre la question : « Pourquoi investir tant dans les soins palliatifs alors qu'on pourrait en finir plus vite avec le malade? »
La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a déjà reçu plus de 200 mémoires. Le débat risque d'être plus polarisé que celui de l'avortement.
Source : radio-canada.ca



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