Le sujet âgé (se) fragilise, le soignant (se) responsabilise
-La personne âgée atteinte de troubles cognitifs en fin de vie au cœur du projet de soins-
Cécile Furstenberg, infirmière en gériatrie, Master 2 Ethique, Science, Santé et Société, je vous partage succinctement mon regard sur ce que j’ai développé plus précisément dans mon mémoire.
----------------------------------------------------------------------
« Responsabilité dont il est impossible d’en fixer les limites ni l’extrême urgence. »
« L’épiphanie de l’absolument Autre est visage où l’autre m’interpelle et m’ordonne de par sa nudité, son dénuement. »
La personne âgée hospitalisée parvient avec peine à faire entendre sa voix ou l’expression de ses désirs et volontés. Etouffée par la communication labile et de surcroît parfois futile du monde environnant, elle ne s’inscrit plus dans cet échange verbal codé mais dans des paroles et gestes à décoder. Sa parole se donne écorchée dans la triste réalité de la maladie, à l’aune de la grande séparation d’avec ce que nous percevons comme mouvement animé, un mystère dynamique, l’élan vital. Avant le dernier souffle qui signera l’au revoir, le sujet âgé palpe avec intensité ses derniers instants qui lui sont donnés. « Je veux voir mon frère » ou « j’ai soif »… Peut-être que ces mots resteront à jamais enfouis dans son intériorité que la solitude a cloisonnée. Peut-être qu’ils apparaîtront au grand jour accueillis dans le cœur attentionné d’un ou d’une soignante attentive et intuitive. La sollicitude tend la main à l’indigent qui dans son visage traduit la parole qui l’habite et appelle à la reconnaissance. Tout sujet émerge face à l’Autre qui le rencontre. L’interpellation éthique du face à face est la réponse à l’appel du sujet enfermé dans sa souffrance.
commentaires