C'est le début des vacances mais certains n'en oublient pas pour autant leur devoir civique et participent à des réunions de travail sur des questions de politiques actuelles. Parmi les sujets traités, celui de l'euthanasie qui vient d'être légalisé en Allemagne. Je vous livre ici un extrait du compte rendu de la section Jeunes Socialiste du Var, vous pourrez ainsi relever la hauteur des préoccupations éthiques des "camarades" :
La réunion s’enchaine ensuite sur la question de l’euthanasie[...].
Tous les camarades sont tombés d’accord sur le fait que l’euthanasie doit être autorisée néanmoins le débat tourne sur les questions morales et la manière d’appliquer cette « intervention médicale » , le premier problème posait est celui de la dérive de rentabilité si ce sont seulement les médecins qui prennent la décision en effet avec des établissements hospitaliers ayant des budgets de plus en plus serrés la tentation peut être grande pour débrancher une personne qui coute des milliers d’euros par mois.
Concernant la prise de décision par la famille plusieurs questions se posent premièrement qui de la famille ? La mère, le père, le conjoint, les enfants etc. Ensuite, est ce que la famille peut forcement être légitime car on peut être proche de la personne et ne pas savoir son désire concernant l’euthanasie, de plus la famille peut délibérément choisir de ne pas respecter le choix du proche dans le cas d’une famille pratiquant activement la religion par exemple.
Pour contrebalancer le tout famille ou tout médecin il faudrait constituer des comités d’éthique propre à trancher la question notamment lorsque l’on ignore le choix de la personne comme dans le cas d’une personne dans le coma. Ces comités seraient constitués de membre du corps médical mais aussi d’autres professions comme des psychologues, des rencontres avec les proches afin de statuer sur le cas seront faits. Pour pallier le problème d’ignorer l’avis de la personne concernée il est proposé que lorsque une personne atteint l’âge de 18ans il est un entretient avec son médecin sur la question notifiant après cette entretient son choix sur l’euthanasie, ce choix pourra être modifié quand la personne le souhaitera, afin de ne pas oublier cette possibilité des campagnes nationales d’informations devront être mise en place.
Ensuite sur la question morale, l’interrogation qui se pose est la différence entre vivre et être vivant. Une camarade relie les gènes de la question au même titre que l’avortement. Aussi le problème du deuil de la famille qui sera dans la plupart du temps actrice de la décision doit être pris en compte. Les personnels médicaux doivent êtres formés pour assister la famille dans la prise de décision et après l’acte médical. Le problème qui se pose est aussi celui du progrès médical dans le cas d’un cas où la médecine est à l’aube de trouver la solution si l’on euthanasie la personne cela pose le même problème que l’erreur humaine dans le cas de la peine de mort.
Sami Bouzid décide de clôturer ce débat riche en idée (sic).
A mon sens, l'idée la plus riche est ici la distinction entre vivre et être vivant. J'imagine que pour vivre il faut être vivant et en avoir conscience, ou bien posséder un minimum de ses facultés (pourquoi pas toutes?). Cette question mériterait un approfondissement...
Ce qui en revanche est alarmant, c'est l'évidence de la légalisation de l'euthanasie pour ces jeunes camarades. La question n'est pas faut-il légaliser l'euthanasie, mais comment, avec quelles précautions. Du point de vue de la morale, la question est réglée de façon très dangereuse. Une dignité humaine relative à la capacité à vivre et non simplement au fait d'être vivant donne une limite bien subjective aux cas où l'euthanasie serait éventuellement autorisée.
La question soujacente est toujours la même, la vie ne vaut que s'il y a un projet de vie. De même que la dignité de l'embryon dépenderait du projet parental, de même la dignité de l'infirme dépenderait de ses possibilités de rétablissement. Ainsi une vie humaine complètement dépendante n'aurait plus de valeur. La vie humaine n'a plus de valeur en soi.



Commentaires
OUI à l'aide au suicide, mais
OUI à l'aide au suicide, mais NON à l'euthanasie !
Au sujet de la différence entre l'euthanasie et l'aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu'il n'existe pas de différence entre les deux : dans un cas c'est le patient lui-même qui s'enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l'autre c'est le médecin qui la retire. Il faut d'abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l'on se situe sur le terrain de l'éthique, on peut raisonnablement soutenir qu'il n'existe pas de différence. Cependant, si l'on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l'euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l'emprisonnement à perpétuité) et l'aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d'emprisonnement). Dans le cas de l'aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l'aide au suicide constitue d'une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972 (et en 1810 en France), cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu'une complicité que s'il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n'est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l'aide au suicide est donc un non-sens.
En revanche, l'euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l'un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l'interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d'autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d'ailleurs aboli la peine de mort en 1976 (et en 1981 en France) ! Si l'euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l'esprit, conclure que l'euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d'un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d'abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur volonté) et les risques d'érosion de l'ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l'euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l'euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l'encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :
« Il existe, tout d'abord, un danger réel que la procédure mise au
point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour
eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un
fardeau pour les autres ou pour la société. C'est là l'argument dit du
doigt dans l'engrenage qui, pour être connu, n'en est pas moins
réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le
consentement à l'euthanasie ne soit pas vraiment un acte
parfaitement libre et volontaire »
Eric Folot
Je comprends bien votre
Je comprends bien votre distinction entre euthanasie et aide au suicide; mais n'est-ce pas en définitive jouer sur les mots en évitant soigneusement une réflexion éthique sensée précéder un débat juridique. Est-il plus moral qu'un malade se donne lui-même la mort ?
Cette distinction est d'ailleurs illusoire face à la question de fond qui reste la même : l'homme dispose-t-il de son corps au point de pouvoir décider du moment de sa mort?
Quant aux risques de dérives avec l'euthanasie, ilsme semblent tout aussi présent dans l'aide au suicide. Sous l'effet de la souffrance, un patient ne risque-t-il pas dans un mouvement (pulsion) irréfléchi (non-libre?) d'user du moyen fourni par l'aide au suicide pour se donner la mort? N'est-il pas en définitive bien cruel de donner au malade l'alternative entre la morphine qui soulagera momentanément sa douleur aiguë et la pilule létale qui le soulagera définitivement?
non, l'allemagne n'a pas
non, l'allemagne n'a pas autorisé l'euthanasie
ne pas confondre arrêt des soins (devenus déraisonnables) et euthanasie!
quant à la question: qui va décider d'une euthanasie?
actuellement, c'est le médecin qui décide, et qui a tous les droits légalement, même si on ne lui permet que l'euthanasie dite passive de la sédation terminale, hypocrisie, car tout le monde sait bien qu'une sédation poussée entraîne la mort..
seul ca où il a le droit de le faire: pour faire cesser une agonie douloureuse, je trouve çà plutôt bien, la souffrance de l'agonie ne me parait pas indispensable, et le prolongement du coma pour éviter les souffrances me parait de l'acharnement inutile...
qui sait si, dans le coma, on ressent quelque chose? personne...alors dire que les souffrances sont apaisées, pas sûr? et que ressentent les proches, les soignants? plutôt un sentiment d'horreur, de torture envers celui qui meurt...
mais que ceux qui souhaitent souffrir demandent à respecter leurs souffrances, pourquoi pas?
nous souhaitons que ce soit la personne elle-même qui décide, par sa parole, ou, à défaut, par ses directives anticipées et sa personne de confiance (légalisées depuis 2005): il faudrait que tous, dès 18 ans, prenions l'habitude de les rédiger, car, qui sait si un accident n'arrivera pas? et prendre un assurance n'a jamais fait arriver l'accident...
alors oui, il faut réfléchir à notre mort possible, à tout âge, avec ou sans maladie... l'imprévisible peut arriver...et réfléchir à nos souhaits: accepter ou refuser les souffrances de l'agonie, d'un handicap trop lourd (voir vincent humbert), réclamer une prolongation maximum ou minimum, une éventuelle euthanasie, une sédation terminale... chacun doit être libre de ses choix et doit les voir resepcter, comme on respecte les testaments après la mort, c'est encore plus important, puisqu'on est encore en vie! et que notre vie est entre nos mains!
pour ceux qui veulent s'en remettre aux médecins (déifiés?), ce sera toujours un choix possible...
pourquoi ne pas respecter la volonté de chacun?
ce n'est pas aux autres de décider d'une euthanasie possible mais à nous-mêmes, par anticipation ou au dernier moment...
ni médecin ni famille (quel membre de la famille?: les familles sont rarement unies...) ne doivent décider à notre place...
alors oui, il faut se préparer à sa mort et écrire ses volontés, et réclamer que toutes les volontés, sur le principe de laicité, soient respectées, y compris des demandes d'euthanasie anticipées ou non (il faut évidemment pour cela un cadre légal pour établir l'état de santé de la personne et voir si une amélioration est possible ou non)
actuellement, les euthanasies sont pratiquées couramment, clandestinement, et pas forcément dans le cadre souhaité, des euthanasies du vendredi pour libérer de la place dans l'hôpital, des euthanasies sur la demande des familles, et/ou sur décision solitaire du médecin (obligé, puisqu'interdit!)... un scandale actuel!
et trop de personnes n'ont que la solution d'un suicide violent, voire d'un meurtre préalable (couples) pour échapper à l'acharnement des médecins et à des souffrances d'agonie trop grandes...
cela doit être changé!
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