La Marche pour la Vie version 2010 s’achève à peine.
Une après-midi de jeunesse, de fougue, d’enthousiasme. Une fête, un hymne à la joie. Une déclaration d’amour à la vie. Sous un soleil entraînant, des enfants, des lycéens, des étudiants, des parents, des personnes âgées, des prêtres, ont marché de la République à l’Opéra, sous des banderoles colorées.
Combien étions-nous ? 3100 ou 25 000 ? Après tout, qu’importe ?
Qu’importe si chaque participant est reparti avec un désir plus brûlant d’œuvrer pour le respect absolu de la Vie ! Qu’importe si chacun, selon ses propres charismes, s’engage concrètement avec encore plus d’enthousiasme à bâtir une civilisation de l’amour ! Et qu’importe si nous avons pu transmettre à nos contemporains ce témoignage si exigeant, si exaltant : toute vie mérite d’être vécue !
Mais ces « quelques milliers de personnes » qui ont manifesté pour la défense de la vie, contre toutes les atteintes à la dignité humaine, qui sont-ils ?
Des vieux grincheux réactionnaires ? De jeunes illuminés ? Des bigots moribonds ?
Ou tout simplement, des personnes de tout horizon, de tout milieu, de toute sensibilité, unis dans ce même combat pour la vie ?
Pour vous, j’ai mené l’enquête. Je suis allé à la rencontre d’une vingtaine de personnes et j’ai découvert avec joie la diversité des participants, tous ces marcheurs venus parfois de loin, de France et d’ailleurs, croyants ou non, mais qu’unissent un même amour de la vie, une même sollicitude pour les plus fragiles parmi les hommes, une même compassion pour toutes les victimes de la culture de mort.
En voici quelques preuves dans ce rapide panorama des participants.
Ma première rencontre, place de la République, ce fut Cécile. Cécile a subi un grave accident de voiture à 17 ans et fut plongée 3 mois dans le coma. Elle me parle de ses efforts pour réapprendre à parler, à marcher, à danser même. La joie illumine son visage. Fidèle de la Marche pour la Vie, elle est aujourd’hui pleine d’énergie pour défendre la vie, malgré sa fragilité. Premier témoignage, premier choc.
Je rejoins deux garçons, installés sur le socle de la statue de Marianne, d’où ils contemplent avec enthousiasme la foule qui s’amasse de manière impressionnante sur toute la place. Andy, en terminale S, et Nathan, en terminale ES, viennent de Saint Quentin dans l’Aisne. Tous deux participent à la Marche depuis déjà plusieurs années. Ils sont heureux de témoigner auprès de leurs camarades de leur attachement à la vie et aujourd’hui de s’engager publiquement pour que notre pays reconnaisse enfin concrètement le droit absolu à la vie.
Ensuite, j’ai croisé Patita Kolokilagi, venu avec Erwann, un ami d’Angers. Originaire de Nouvelle-Calédonie, il participe pour la première fois à la Marche. Vu son sourire, ce ne sera, je pense, pas la dernière…
Pour Maggui également, c’est une première. Venue de l’Essonne avec une amie, cette ancienne hôtesse de l’air, divorcée, a une fille. Marcher pour la vie est pour elle une évidence et un devoir.
Jean, quant à lui, est médecin à Boulogne-Billancourt. Marcheur depuis longtemps, il déplore l’aveuglément de ses collègues qui méconnaissent l’humanité des embryons, comme on a pu dans l’histoire méconnaître celle des esclaves.
Tout à coup, une écharpe tricolore ! Je m’approche et rencontre Guy de Framond, maire du Plantay dans la Dombes, venu avec le car de l’Ain. Quelle joie d’avoir avec nous des élus de la Nation !
Armelle, elle, travaille dans un laboratoire de recherche biologique. Elle est venue avec Génération Missionnaire, un groupe de jeunes Lyonnais, proches de la Famille Missionnaire de Notre Dame, qui s’engagent pour la culture de vie. Malgré leurs efforts, ils n’ont pu parvenir à remplir tout à fait le car affrété pour eux au départ de Lyon. Mais ils se promettent de relancer et de remporter le défi l’année prochaine !
Tout à coup, du haut d’un immeuble, des voix descendent. Un mégaphone lance des slogans agressifs : « Avortement libre et gratuit ! » ; « Vous avez perdu toutes vos batailles ! » ; « Un Chrétien pour mon lion ! » et quelques charmantes insultes. J’essaie d’appeler ces braves gens à venir discuter tranquillement plutôt que de vomir de loin leur rancœur, mais un agent de Police me demande de ne pas insister. Dommage !
Un homme, sur le trottoir, nous observe, amusé. Je vais à sa rencontre : il se présente comme François de Don Quichotte : il vit dans une tente mais travaille sur un chantier comme maçon. Je lui demande ce qu’il pense de notre combat, il me répond : « C’est bien, c’est vrai, vous avez raison, mais faudrait pas oublier tous les gens qui sont à la rue et qui galèrent ! »
Marie-Pierre est sage-femme et vit dans la Drôme. Elle est présidente de la délégation locale de l’Association CHOISIR LA VIE, qui œuvre pour la protection de l’enfant à naître, de la mère et de la famille et s’engage concrètement auprès des femmes en détresse. Venue en train avec une dizaine de personnes, c’est sa 6ème Marche pour la Vie. Avec son amie Catherine, infirmière, elle porte en dansant une grande banderole blanche : « Choisir la Vie ».
Charles est Parisien et veuf. Il est accompagné de sa fille. Pharmacien, aujourd’hui à la retraite, il s’insurge contre l’inconscience de beaucoup de professionnels de la santé vis-à-vis des ravages causés par un avortement sur une femme, bien que la réalité du syndrome post-IVG soit largement reconnue. Il déplore également le manque d’informations. Il est là pour affirmer haut et fort que la vie n’est pas un matériau qu’on pourrait manipuler selon des besoins arbitraires et que toute vie, quelles que soient ses fragilités, doit être respectée de la conception à la mort naturelle. Il me confie sa révolte : « Toute ma vie, j’ai donné des médicaments pour soigner. Aujourd’hui, on en donne pour tuer, quelle folie ! »
En marchant, je rencontre deux jeunes femmes, venues en car de Sofia-Antipolis, qui participent pour la première fois de leur vie à la Marche pour la Vie. Célina, originaire du Portugal, est vendeuse en boulangerie et mère de deux enfants. Elle a entendu parler de la Marche dans sa paroisse et s’est senti vraiment appelée, malgré la distance, à participer, comme si elle avait répondu à un appel pressant. Geneviève est chirurgien-dentiste, issue d’une famille de 16 enfants au Vietnam. Elle est mère de trois enfants, dont le dernier, François, âgé de dix ans, est atteint d’une grave et inconnue maladie génétique. La souffrance, elle sait ce que c’est ! Et si elle est là aujourd’hui, c’est justement pour témoigner que toute vie est importante, que l’amour qu’elle partage avec son fils malade est plus précieux, malgré toutes les difficultés, que tous les prétendus conforts d’une vie sans risque : « Vous comprenez, un enfant est un enfant, tous les enfants, tous, ont le droit de vivre ! »
Anne-Laurence est médecin généraliste à Bordeaux depuis quatre ans. C’est sa première Marche pour la Vie. Elle me parle du discours tenu dans les Facs de médecine sur les questions liées à l’avortement. Un cours est normalement obligatoire pour sensibiliser les élèves à cette question. Mais son professeur de gynécologie avait tout simplement esquivé le problème en lançant à l’amphithéâtre : « Bon, vous avez toutes déjà avorté au moins une fois ici, donc, vous savez ce que c’est, ça ne sert à rien d’en parler ! » Anne-Laurence est convaincue que la conscience de l’humanité de l’embryon est clairement reconnue, puisque normalement enseignée, ce qui aggrave la responsabilité des médecins qui pratiquent des avortements. Selon elle, les femmes qui ont connu ce drame sont donc avec les enfants à naître les principales victimes de ce système mortifère, hypocrite et cynique.
Xavier, quant à lui, est collégien et rêve de devenir tailleur de pierres. C’est déjà sa troisième Marche pour la vie. Avec enthousiasme, il affirme être là pour témoigner de la valeur de toute vie et pour contribuer à sauver des enfants !
Je rencontre un couple, portant des pancartes AFC Essonne. Laure et Fabrice, respectivement professeur d’histoire-géo en collège et ingénieur, sont les heureux parents de deux petites filles. C’est leur troisième Marche ensemble. Fabrice est Président de la délégation de l’Essonne des Associations familiales Catholiques, qui soutiennent le Collectif « En marche pour la Vie ». En tant que bénévoles de cette association familiale, ils appellent à un authentique changement de société qui consisterait à remplacer des modes de vie fondés sur le consumérisme et le profit par des modes de vie tournés vers la personne, particulièrement vers les plus fragiles, vers les sans-voix. Les AFC se sont données pour mission d’encourager une vraie politique familiale, en faisant de la sensibilisation, particulièrement auprès des politiques. Elles soutiennent également financièrement des associations comme Tom Pouce, qui accueille toute femme enceinte en difficulté dès le premier mois de grossesse, et Magnificat-Accueillir la vie, qui accueille de futures mères en détresse et promeut des alternatives à l’avortement, telle l’adoption.
Thomas est venu de Lyon. Actuellement en L3 de Sciences-Po et d’Histoire, c’est sa première Marche. Le message qu’il veut délivrer par sa présence ? « Faire comprendre que l’embryon est une personne. Si on admet qu’il ne faut pas tuer son prochain, pourquoi tuer un enfant innocent ? »
Marie-Laure, économiste, et Jean-François, assistant administratif, habitent dans le Rhône. C’est leur deuxième Marche pour la Vie. S’ils sont là, c’est pour exiger le respect du décalogue, dont le cinquième commandement est : « Tu ne commettras pas de meurtre. » Eux qui peinent à avoir un enfant ne comprennent pas qu’on puisse ainsi refuser une vie déjà présente. « S’ils savaient la chance qu’ils ont de pouvoir procréer, jamais des couples n’auraient accepté d’avorter. » Le don de la vie est bien pour eux une des plus grandes merveilles qu’il puisse nous être donnée de vivre.
Matthieu, lui, vient de Créteil. Il a 21 ans et est en troisième année de médecine. Revêtu de sa blouse blanche, il participe pour la troisième fois à la Marche et s’engage au sein de l’association des Etudiants Pro-Vie, très actifs dans toute la France au service du respect de la vie, et des Soigneurs Porteurs d’Espérance, qui cherche à rendre au verbe « soigner » toute sa profondeur en prenant soin de chacun dans toute sa dimension humaine. Matthieu est aussi proche de l’Alliance pour les Droits de la Vie et chef scout. Il pense que l’avortement de masse (plus de 210 000 avortements en France chaque année, sans compter les Interruptions Médicales de Grossesse et la « contraception » d’urgence) repose sur un déni de la réalité. On sait scientifiquement en effet que « l’embryon est un être vivant appartenant à l’espèce humaine ». Pour lui, il s’agit avant tout de poser les questions dans les bons termes en se penchant sur la vraie signification des mots : par exemple, présenter l’avortement comme l’ultime moyen de contraception est ou une grave erreur ou un grave mensonge. Accorder à l’embryon une pleine humanité lui semble le préalable à toute culture authentique de vie.
Ce petit kaléidoscope prouve, me semble-t-il, avec éloquence que le combat pour la vie n’est pas une question de milieu ou de sensibilité, mais bien d’amour et de conviction. Le combat pour le respect de la vie ne peut et ne doit être récupéré par personne.
Ce recueil de témoignages montre aussi que si marcher pour la vie chaque année de plus en plus nombreux, est nécessaire pour défendre la vie, ce n’est pas suffisant. L’engagement associatif et politique, le soutien matériel, psychologique et spirituel de toute personne en détresse, les discussions avec nos proches, et toute autre forme d’action pourvu qu’elle naisse de la charité, sont également vitales pour l’édification d’une culture toujours plus respectueuse de la dignité de la personne humaine.
Permettez-moi pour finir de remercier chacune des personnes ayant accepté de répondre à mes questions et de rendre hommage à l’admirable dévouement des organisateurs et de tous les bénévoles qui œuvrent dans la discrétion pour que toute vie humaine puisse être accueillie et aimée.
Gaultier, Etudiant à Lyon



Commentaires
Je ne pourrais pas être à la
Je ne pourrais pas être à la marche étant trop loin et maman de trois enfants dont un handicapé, mais je serais là par la pensée de tout mon coeur.
Je suis grande soeur d'un de ces petits qui ont été avortés, alors le sujet m'intéresse vivement.
Nous serons en union de
Nous serons en union de prière avec vous alors, votre petit frère ou soeur sera également dans nos pensées et prières!
Je serai donc là avec joie,
Je serai donc là avec joie, pour témoigner de mon histoire et pour défendre cette magnifique chance de pouvoir donner la vie ! Mais aussi pour dire merci à Mère de Miséricorde, qui m'a soutenu dans les moments difficiles, et qui m'a permis de vivre sereinement le choix de garder mon enfant ...
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